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Hugo
Ah, si on me l’avait dit, je ne l’aurais pas cru ! Et pourtant, ce qu’il s’est passé le mercredi 31 mai n’est pas un film de fiction, mais la réalité. Ce soir-là, je suis invité en tant qu’intervenant (bénévole) à un événement intitulé Impact 2 qui se tient à l’hôtel de ville de Paris. Cette soirée est organisée par le groupe Inco, qui se présente comme une entreprise qui veut “construire une nouvelle économie écologique et solidaire”. Je n’ai pas plus creusé que ça avant d’accepter l’invitation, car je ne refuse jamais une occasion de mettre en lumière les sujets qui me semblent importants, surtout lorsque cela se fait devant un public nombreux (c’est le cas) et des personnalités influentes. Parmi les speakers, il y a notamment le ministre de la Défense Sébastien Lecornu, le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus et le commissaire européen Nicolas Schmit.
L’événement est organisé “en partenariat” avec la mairie de Paris et, d’ailleurs, Anne Hidalgo, la maire PS de la capitale, ouvre la soirée en faisant un discours. Environ une heure après, c’est mon tour. Je monte donc sur scène, et je fais une intervention d’une quinzaine de minutes pour mettre en avant l’importance de la biodiversité. Si vous voulez l’écouter, je l’ai publiée en intégralité sur ma page Facebook. Sur scène, je donne des chiffres (notamment sur l’effondrement des insectes et des oiseaux), je parle d’études scientifiques et je dénonce une série de mesures prises par des responsables politiques français, qui ont eu un impact néfaste sur la vie sauvage.
Deux phrases critiques sur Anne Hidalgo et Carole Delga
Je parle, entre autres, du ministre de l’agriculture Marc Fesneau qui défend les pesticides, du gouvernement qui soutient l’élevage intensif, de Laurent Wauquiez (président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes) qui utilise de l’argent public pour soutenir la chasse, ET, à un moment, j’en viens au Parti Socialiste, précisément à Anne Hidalgo et Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, très proche de la maire de Paris. Je cite Anne Hidalgo pour dénoncer les coupes d’arbres à Paris dont elle est responsable, et j’évoque Carole Delga pour critiquer son soutien à un projet autoroutier qui va dégrader la biodiversité en Occitanie, en rasant des arbres et bétonnant des terres agricoles.
Anne Hidalgo et Carole Delga ne sont pas ciblées spécifiquement, elles figurent simplement dans mon discours, comme de nombreux autres élus et partis politiques. Bref, rien de méchant ni de personnel. Simplement du factuel. La soirée se termine. Avant mon intervention, j’avais demandé à l’organisateur (Inco) de pouvoir simplement récupérer les images de mon passage, afin de les partager sur mes réseaux sociaux. Quand j’interviens bénévolement, j’estime cela normal de diffuser le message le plus largement possible. Le lendemain, je demande donc à ce qu’on m’envoie les images. Là, les problèmes commencent.
Je reçois les images de mon discours… avec une coupe surprenante !
Dans un premier temps, l’un des responsables d’Inco me dit qu’il reviendra vers moi plus tard, en début de semaine suivante. Je patiente. Mardi 6 juin, après plusieurs relances, l’organisateur me renvoie finalement vers un média numérique que je ne connais pas, « Blonde média », qui a semble-t-il été chargé de capter l’événement. Je contacte donc le fondateur de ce jeune média, un certain Nathan Marronneaud, et lui demande de m’envoyer les images de mon discours. Au début, il refuse, car il veut les diffuser lui-même sur le compte de son média. Quand j’insiste, il propose de me vendre les images (!) de mon intervention. Là, je commence à m’énerver un peu (me vendre des images d’une intervention bénévole, on ne me l’avait jamais fait), et j’explique que je ne me laisserai pas faire, de manière ferme.
Deux jours supplémentaires se passent. Puis, le fondateur du média Blonde revient vers moi en me disant “qu’après de nombreux échanges avec Inco” (l’organisateur de la soirée), il va finalement m’envoyer mon intervention. Je clique sur le lien de téléchargement qu’il m’envoie. Et là, surprise ! Je reçois tout mon discours SAUF le passage où je parle d’Anne Hidalgo et de Carole Delga, avec une coupe faite à la hache. Vous pouvez voir cette coupe flagrante dans l’extrait vidéo que j’ai publié sur mon compte Twitter. Autre chose : le panneau sur le pupitre, sur lequel figurait le logo de la mairie de Paris et des indications de lieu et de date, a été effacé au montage, comme vous pouvez le voir ci-dessous. À gauche, une photo du discours le soir même. À droite, les images officielles après effacement du panneau.
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