Salut tout le monde,
J’espère que vous allez bien. Cette semaine, je voulais revenir sur un épisode qui concerne tout le pays : 36 jours de pluie consécutifs et des crues exceptionnelles. L’indice d’humidité des sols atteint des records régionaux, proches des niveaux historiques de 2014 ou 1983. Nous sommes clairement face à un événement hors norme.
Pour autant, comme le rappelle l’agro-climatologue Serge Zaka sur X, ces inondations ne peuvent pas être attribuées uniquement au changement climatique. Elles auraient sans doute eu lieu sans réchauffement. En revanche, celui-ci en amplifie l’intensité : une atmosphère plus chaude retient davantage de vapeur d’eau, ce qui augmente les précipitations, les premières estimations évoquent environ +10 %, explique l’agro-climatologue. C’est exactement ce que décrivent les projections scientifiques depuis des années : un cycle de l’eau plus intense, avec davantage d’extrêmes, sécheresses comme pluies abondantes.
© Préfecture d'Aquitaine
Selon Serge Zaka, les conséquences agricoles s’annoncent lourdes : asphyxie des racines en arboriculture, pertes de récoltes en maraîchage, fragilisation des grandes cultures, lessivage des nutriments… Dans les zones les plus touchées, l’impact économique sera considérable.
Dans ce contexte, soutenir les producteurs locaux dans les prochaines semaines s’avère encore plus essentiel.
À très vite,
Confrontée à une production importante, la filière de la pomme de terre en Europe voit ses prix s’effondrer. Notre journaliste Kim Vaillant revient sur les causes de cette crise et sur ce qu’elle raconte du monde agricole.
En 2025, l’Europe a produit beaucoup trop de pommes de terre et se retrouve désormais plongée dans une crise de surproduction. Dans les quatre principaux pays producteurs de patates, à savoir l’Allemagne, la France, la Belgique et les Pays-Bas, les volumes ont bondi de 10 % en un an, frôlant les 30 millions de tonnes récoltées. Depuis plusieurs mois, le réseau North-Western European Potato Growers (NEPG) n’a cessé d’alerter sur les risques d’un déséquilibre entre l’offre et la demande. Résultat, en ce début d’année, il y a trop, beaucoup trop, de pommes de terre.
Cette récolte exceptionnelle s’explique par plusieurs facteurs : d’abord, du fait de l’augmentation des surfaces cultivées, mais aussi grâce à des conditions météorologiques particulièrement favorables. Avec les températures anormalement douces que nous avons connues ces derniers mois, la pousse des tubercules s’est accélérée, ce qui a entraîné un surplus de volumes sur les marchés.
L'Europe est confrontée à une crise de surproduction de pommes de terre © Unsplash
Concurrence, surproduction… et chute des prix
Mais si l’offre a explosé, la demande industrielle, elle, s’est fortement ralentie. La coupable ? La frite ! Elle est en effet l’un des principaux débouchés de la culture de pomme de terre et le marché de la frite surgelée a connu une forte baisse. En cause, notamment, la hausse des droits de douane américains imposée par Donald Trump qui a freiné les exportations, explique le réseau NEPG, interrogé par l’AFP.
En parallèle, la concurrence internationale s’est intensifiée. La Chine et l’Inde, premiers producteurs mondiaux, ont considérablement augmenté leurs exportations de frites congelées vers les marchés voisins. Dans le même temps, des produits transformés venus d’Egypte ou de Turquie ont gagné du terrain, tandis que les exportations européennes ont reculé. Résultat : les stocks s’accumulent.
Et les conséquences sont brutales pour les producteurs. Les cours ont dégringolé, tombant parfois à 50 centimes les 100 kilos fin 2025. En 2026, la tonne de pommes de terre Fontane, une variété largement cultivée, s’échange autour de 130 euros, contre 180 euros un an plus tôt, d’après l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), citée par l’AFP.
Après la surproduction, les risques de pénuries
Face à l’effondrement des prix, certains producteurs bradent, voire donnent leur récolte pour éviter le gaspillage. Dans le Pas-de-Calais, un agriculteur a ainsi distribué gratuitement une partie de ses 90 tonnes de pommes de terre. Même situation pour les poireaux et les choux-fleurs : l’hiver anormalement doux a accéléré leur croissance, provoquant une surproduction et une chute des cours. Des enseignes comme Auchan, Carrefour ou Intermarché ont lancé des opérations spéciales pour écouler les stocks.
Si la filière pomme de terre ne semble pas menacée à court terme, cette forte instabilité des marchés, couplée à la hausse des températures, fragilise un peu plus les agriculteurs. À plus long terme, le dérèglement climatique pourrait d’ailleurs inverser la tendance : après la surproduction, les pénuries. Une étude publiée en 2025 dans la revue Nature estime que chaque degré supplémentaire de réchauffement pourrait entraîner des pertes significatives de rendements, avec un recul potentiel du blé en Europe de 15 % à 25 % dans les scénarios les plus pessimistes.
1 - Les ventes de pesticides reculent, les industriels s’inquiètent
Le lobby des pesticides Phyteis a dénoncé jeudi 12 février un recul des “moyens de production” des agriculteurs, entre baisse des substances homologuées, pression climatique et “surtranspositions” du droit européen. Dans son rapport annuel 2025, l’organisation souligne une chute de 44 % des ventes de pesticides conventionnels depuis 2008. Le lobby déplore que “depuis plus de 6 ans, aucune nouvelle substance active conventionnelle n’a été approuvée au niveau européen [...] Dans le même temps, 89 substances actives ont été retirées, non renouvelées ou sont arrivées à expiration”.
Ainsi, le président de Phyteis et directeur de Bayer France, Yves Picquet, réclame un alignement de la réglementation française sur celle de l’UE en refusant “toute nouvelle surtransposition”. Par ailleurs, sur la loi Duplomb, ce dernier regrette “l’incompréhension et les contrevérités qui ont entouré ce texte, alors même qu’il constituait une avancée indispensable pour de nombreuses filières”. Selon Phyteis, “la possibilité ouverte pour les agriculteurs de recourir de manière dérogatoire aux substances néonicotinoïdes autorisées en Europe était une avancée importante”.
Le lobby des pesticides Phyteis regrette la baisse du nombre de substances actives autorisées en Europe. © Unsplash
2 - En Tanzanie, des Maasaï expulsés au nom des safaris et de la chasse
Derrière les jolies cartes postales et les 4x4 remplis de visiteurs, les communautés Maasaï paient le prix du tourisme. En Tanzanie, un bras de fer oppose depuis des années l’État aux Maasaïs. Ce peuple d’éleveurs semi-nomades est la cible de programmes qualifiés de “relocalisation volontaire” par les autorités. Seulement, selon des organisations comme Amnesty International, il s’agirait en réalité d’expulsions forcées. De son côté, le gouvernement invoque la protection de la faune ainsi que la trop forte croissance démographique des Maasaïs et de leurs troupeaux.
L’expulsion des populations Maasaïs se poursuit en Tanzanie. © Human Rights Watch
Ces dernières années, des dizaines de familles ont dû quitter leurs terres ancestrales, parfois à la suite de heurts violents. Amnesty International dénonce des expulsions menées “hors de toute procédure régulière” et accuse les autorités d’agir au bénéfice d’intérêts privés liés au tourisme de luxe et à la chasse aux trophées. L’ONG pointe notamment le rôle de la société émiratie Otterlo Business Corporation, spécialisée dans l’organisation de safaris de chasse privés et qui serait impliquée dans des expulsions depuis 2009. Selon Human Rights Watch, le gouvernement tanzanien prévoirait de déplacer environ 82 000 Maasaïs de leurs terres situées dans la zone de conservation du Ngorongoro d’ici 2027.
3 - Les Français exposés à des niveaux préoccupants de métaux lourds
C’est l’alerte de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui vient de publier le premier volet de sa troisième Étude de l’alimentation totale française (EAT 3). Objectif : mesurer l’exposition de la population aux contaminants chimiques via l’alimentation. L’analyse porte sur 276 aliments et six substances : acrylamide, aluminium, argent, cadmium, mercure et plomb.
Conclusion : les niveaux d’exposition à l’acrylamide, au cadmium, au plomb, à l’aluminium et au méthylmercure demeurent trop élevés pour une partie de la population, notamment les enfants. L’Anses identifie un risque sanitaire avéré pour le cadmium, l’aluminium et le mercure, et une préoccupation sanitaire pour le plomb et l’acrylamide. La surexposition à ces substances est associée à des effets neurotoxiques, à un risque accru de fractures et à certains cancers.
Les Français sont toujours exposés à des niveaux “préoccupants” de métaux lourds, selon l’Anses. © Unsplash
Le cadmium concentre particulièrement les inquiétudes : il se retrouve notamment dans le pain, les céréales et produits à base de blé, les pommes de terre et certains produits de la mer. Une alerte qui n’est pas nouvelle : dès 2025, des médecins qualifiaient déjà le cadmium de “bombe sanitaire”.
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C’est le nombre de personnes décédées à ce jour dans des avalanches en Europe depuis le 1ᵉʳ octobre 2025, selon le European Avalanche Warning Services (EAWS). Un bilan déjà particulièrement lourd alors que la saison est encore loin d’être terminée. En France comme dans d’autres massifs européens, les accidents se succèdent presque chaque semaine. Le 13 février dernier, trois skieurs ont perdu la vie dans une avalanche à Val d’Isère, dans un contexte de vigilance de 4/5 à 5/5 dans certains départements. Les chutes de neige récentes, combinées à des vents soutenus, ont favorisé la formation de plaques instables créant un terrain particulièrement propice aux départs d’avalanches.
Avec 25 morts, la France enregistre le plus lourd bilan en Europe pour le moment, ex aequo avec l’Italie et devant l’Autriche (14). À titre de comparaison, la saison 2024/2025 avait totalisé 70 décès en Europe, toujours selon l’EAWS. Si les conditions météorologiques jouent un rôle central, les comportements individuels sont également déterminants. Ainsi, avant toute sortie en montagne, n’oubliez pas de vérifier les conditions météo et de consulter le risque avalanche. En cas de risque élevé, il est conseillé de renoncer au hors-piste. Et si vous décidez de sortir des pistes balisées malgré tout, équipez-vous toujours d’un détecteur de victimes d’avalanche (DVA) avec des piles chargées, d’une pelle et d’une sonde.
Déjà 91 personnes sont mortes dans des avalanches en Europe depuis le 1er octobre dernier. © Savoie.gouv.fr
Cette newsletter a été préparée par Axel Roux et Kim Vaillant
