Salut tout le monde !
J’espère que vous allez bien. Dimanche, j’étais tranquillement en train de boire un café dans mon jardin quand, tout à coup, j’ai ouvert Instagram. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir deux vidéos qui m’étaient adressées, postées par des responsables politiques.
Laurent Wauquiez (député LR) et François-Xavier Bellamy (député européen LR) ont profité de leur balade dominicale pour m’interpeller sur leurs réseaux sociaux. Je vous parle de la vidéo de Laurent Wauquiez ci-dessous dans La citation de la semaine, mais je voulais aussi revenir sur celle de François-Xavier Bellamy, qui m’accuse d’être malhonnête dans mon traitement des échouages de dauphins sur la côte atlantique française. On croit rêver !
J’ai donc pris le temps de répondre à monsieur Bellamy en vidéo, et je vous invite à la découvrir en cliquant ici. Si le lien ne fonctionne pas ou que vous n’avez pas Facebook, vous pouvez aussi la retrouver sur mon compte Instagram. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.
En attendant, bonne lecture et prenez soin de vous.
Hugo
Notre objectif, c’est de supprimer l’OFB, qui est un organisme qui vient contrôler les agriculteurs avec un pistolet à la ceinture, alors qu’ils nous nourrissent.
C’est ce qu’a déclaré Laurent Wauquiez dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux il y a quelques jours. Le chef des députés LR à l’Assemblée nationale veut la peau de la police de l’environnement, l’Office français de la biodiversité (OFB), dont il accuse les agents de “harceler nos agriculteurs”.
Il leur reproche notamment de réaliser des contrôles avec une arme à la ceinture, ce qui est pourtant tout à fait normal pour des policiers qui doivent faire respecter la loi, surtout quand on sait que les agents de l’OFB sont, entre autres, chargés de contrôler des personnes armées (les chasseurs) et doivent lutter contre des trafiquants d’animaux sauvages, souvent liés à des réseaux criminels internationaux. En 1996, deux agents de l’Office national de la chasse, l’ancêtre de l’OFB, avaient d’ailleurs été tués par un braconnier.
© Photo OFB Philippe Massit
Au-delà de ces missions parfois risquées, les policiers de l’environnement protègent notre santé et celle de nos enfants, en s’assurant par exemple que les gens ne déversent pas leurs déchets dans la nature ou en enquêtant sur les pollutions de l’eau.
Mais ce que ne supporte pas Laurent Wauquiez, c’est que l’OFB contrôle les agriculteurs pour s’assurer qu’ils respectent la réglementation, notamment en matière de pesticides ou de protection des zones naturelles sensibles. Selon le député LR, les policiers de l’environnement se livreraient à un “harcèlement” des agriculteurs. Il reprend ainsi l’argument martelé par la FNSEA, le principal syndicat agricole qui défend un modèle intensif.
Les fermes contrôlées en moyenne une fois tous les 120 ans
Cette accusation ne résiste pourtant pas à l’épreuve des chiffres, puisque selon le ministère de l’environnement, les agents de l’OFB ont effectué 1100 contrôles administratifs en 2024 dans les exploitations agricoles, sur un total de 400 000 fermes dans notre pays.
Une exploitation est donc en moyenne contrôlée une fois tous les 120 ans et les contrôles agricoles ne représentent que 7% des contrôles effectués par l’OFB. On est TRÈS loin du harcèlement, et il faudrait plutôt renforcer les moyens des policiers de la nature pour leur permettre de faire leur travail correctement.
Cette attaque de Laurent Wauquiez contre les policiers de l’environnement est en contradiction totale avec ce que l’élu défend depuis des années, à savoir un renforcement des moyens alloués à la police et une plus grande fermeté dans l’application de la loi.
Bientôt un échange avec Laurent Wauquiez ?
J’ai donc posté une vidéo sur mon compte Instagram pour répondre à Laurent Wauquiez et défendre les agents de l’OFB. En réponse, monsieur Wauquiez m’a proposé de venir visiter une exploitation agricole avec lui pour échanger à ce sujet. J’ai répondu favorablement, en lui disant que je serai ravi de l’inviter dans la ferme d’amis éleveurs installés dans sa région, et que je convierai aussi des policiers de l’environnement, pour que chacun puisse s’exprimer. Affaire à suivre… © Photo OFB Jean-Michel Vasseur
Laurent Wauquiez n’est pas le seul à faire de l’OFB un bouc émissaire de la crise agricole. Mi-janvier, Josiane Corneloup, députée LR de Saône-et-Loire, avait elle aussi réclamé la suppression de l’OFB lors d’une séance à l’Assemblée nationale. Pire, dans son discours de politique générale, le Premier ministre François Bayrou a également accusé les agents d’humilier les agriculteurs en faisant leurs contrôles “une arme à la ceinture dans des fermes déjà mises à cran par la crise”.
Conséquence de ces attaques politiques : les pressions et menaces s’accentuent sur le terrain contre les policiers de la nature. Ces derniers jours, plusieurs locaux de l’OFB ont été pris pour cible par des agriculteurs.
Heureusement, la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, est montée au créneau pour défendre l’OFB, en indiquant sur le réseau X : “Je suis consternée par les propos de certains responsables politiques, comme Laurent Wauquiez. Le jour où il y aura une crise avec des produits chimiques dans notre eau potable, nous serons bien contents d'avoir la police de l’eau, c’est-à-dire l’OFB, sur le terrain. Leur rôle est essentiel et crucial. J'appelle chacun à la responsabilité sur ce sujet.”
1 - Bonne nouvelle : le gouvernement s’engage à ne pas supprimer l’Agence bio !
Après avoir qualifié sa suppression de “pertinente”, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, rétropédale. Lundi 27 janvier, elle s'est en effet opposée à un amendement du Sénat qui prévoyait la fermeture de l'Agence bio, un organisme clé pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique en France, sous couvert de réduction des dépenses de l’État.
Chez Vakita, nous avons pris ce sujet à bras-le-corps et décidé d’alerter les consommateurs sur les conséquences d’une potentielle suppression. En quelques jours, nous avons donné la parole à des agriculteurs bio inquiets d’un affaiblissement du soutien public au secteur, déjà fragilisé ces dernières années, interviewé le président de l’Agence bio, Jean Verdier, sur le rôle bénéfique de cette agence pour le développement filière, ou encore interpellé la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, qui nous a confié que cette mesure était, selon elle, “très mauvaise”.
Sous pression, la ministre de l'Agriculture a donc décidé de revoir sa copie. Reste à savoir si cet engagement sera réellement suivi d’effets. Il faut attendre un vote en commission mixte paritaire ce jeudi 30 janvier pour être sûr de la non-suppression de l’Agence bio. Avec Vakita, nous vous tiendrons informés !
2 - Huit départements des Alpes veulent abattre plus de loups
Drôme, Isère, Savoie, Haute-Savoie, Alpes-Maritimes, Hautes-Alpes, Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence : tous veulent la peau du canidé. Ces huit départements alpins ont appelé le gouvernement à augmenter le quota de chasse du loup, dans une lettre envoyée la semaine dernière à la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Ils souhaitent que le taux d’abattage annuel du canidé soit relevé à 30 % au lieu de 19 % actuellement, pour passer de 192 à 304 individus.
Pour justifier cette demande, les collectivités évoquent la “pression” exercée par le prédateur sur les troupeaux de moutons et de brebis. Pourtant, selon un rapport de la Commission européenne, “l'impact global des loups sur le bétail dans l'UE est très faible”. Seulement 0,065 % du cheptel ovin de l’UE est prédaté par le loup, selon cette analyse.
8 départements alpins veulent abattre plus de 300 loups cette année © Anna Hinckel / Pexels
Cette demande de pouvoir tuer davantage de loups fait suite au récent abaissement du statut de protection de l’espèce en Europe, qui est passée d'espèce “strictement protégée” à “protégée” en décembre dernier.
3 - La ville de Nice bannit les gros bateaux de croisière
Un arrêté visant à proscrire les escales des navires de plus de 900 passagers dans les eaux de la métropole niçoise a été signé vendredi 24 janvier. Le président de la Métropole Nice Côte d’Azur, Christian Estrosi, à l’initiative de cette décision, a confié à l’AFP son désir de favoriser un “tourisme choisi” plutôt que de subir le “surtourisme”. “La plaisance, oui, les immeubles flottants, non”, a-t-il résumé.
À Nice, le maire Christian Estrosi interdit les bateaux de croisière © Maurício Mascaro / Pexels
Les bateaux de moins de 900 passagers resteront, eux, autorisés dans le port de Nice. En revanche, les navires d’une capacité supérieure, dont certains mouillent actuellement dans la rade de Villefranche-sur-Mer, ne seront plus acceptés. Quatre-vingt-neuf escales y étaient prévues en 2025, dont les deux tiers sont des navires de plus de 900 passagers, selon le site du port.
Ces paquebots de plaisance auront toujours l’autorisation de stationner au large, mais n’auront plus la possibilité de débarquer des passagers. Cet arrêté prendra effet dès le 1ᵉʳ juillet 2025. Les élus écologistes de la métropole ont salué auprès de l’AFP “une immense victoire” et “un tournant décisif pour la qualité de vie, la santé publique et la protection de nos écosystèmes marins”.
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C’est la proportion d’enfants dont la scolarité a été perturbée dans le monde à cause des évènements climatiques, alerte l’Unicef dans un rapport publié le 24 janvier 2025. Sur l'ensemble de l'année 2024, les phénomènes météorologiques extrêmes ont perturbé la scolarité de près de 250 millions d'élèves dans le monde. Classes fermées, réouverture retardée, écoles détruites… l’éducation s’ajoute à la longue liste des victimes du dérèglement climatique.
Une salle de classe après le passage du cyclone Chido, à Mayotte.
La canicule est la principale menace, avec au moins 171 millions d’écoliers concernés. L’Asie du Sud a été la région la plus touchée par des interruptions de scolarité liées aux chocs climatiques, avec 128 millions d’écoliers concernés. Concrètement, la moitié des enfants dans le monde, soit environ un milliard, vivent dans des pays à très haut risque de chocs climatiques et environnementaux.
Si la trajectoire actuelle des émissions de gaz à effet de serre se poursuit, près de huit fois plus d’enfants devraient être exposés à des canicules en 2050 par rapport à 2000. La proportion grimpe à trois fois plus pour les inondations extrêmes et à 1,7 fois plus pour les incendies, selon des projections de l’Unicef.
Découvrez pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète… et comment l'en empêcher !
Pourquoi continuons-nous à détruire la planète alors que nous savons pertinemment que cela nous mène à notre perte ? C’est le sujet de notre nouvelle masterclass Vakita avec Sébastien Bohler, docteur en neurosciences et auteur de plusieurs essais à succès, dont son dernier ouvrage, Striatum - Comment notre cerveau peut sauver la planète, publié aux éditions Bouquins Essais.
Dans cet entretien captivant, qui se regarde ou s’écoute comme un podcast, vous découvrirez les mécanismes cérébraux qui nous conduisent à adopter des comportements destructeurs pour l’environnement : surconsommation, accumulation de ressources, recherche sans fin du confort. Autant de mécanismes, héritage de notre évolution pour assurer la survie de notre espèce, qui entrent aujourd’hui en collision avec les exigences de durabilité pour garantir une planète vivable pour tous.
Avec cette masterclass, vous apprendrez aussi quelques techniques pour “hacker” votre cerveau, afin de ne plus subir ces instincts en décalage complet avec l'urgence écologique. À voir absolument !
